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Merci Twitter !

La fin de la dérive du compteur des boutons de partages

La fin de l’affichage du nombre de partages sur les boutons Twitter. Houla, là, là… C’est la fin du monde ma bonne dame. Hé oui, la fin de la course à la plus grosse, fini le narcissique petit bouton avec un joli chiffre. Retour aux fondamentaux.

Parce quand même, avoir un bouton qui affichait « 152 tweets », ça en jetait dans les soirées, ça vous posait votre influenceur. Bon, tout n’est pas perdu, il reste Facebook et, dans une moindre mesure Google + et Buffer. Ouf !

Imaginez si demain, plus aucun bouton n’affichait le nombre de partages ???? L’horreur ! Le vide total, la catastrophe. Comment montrer à l’internaute qu’il est bien au bon endroit, at the place to be quoi ?!

Mais réellement, ces boutons, ils nous montrent quoi de concret ? Quand on sait comment les chiffres affichés peuvent aisément manipuler sans pour autant être un codeur fou, il y a de quoi se poser la question.

Fut une époque (bénie et malheureusement révolue) où l’indicateur était le nombre de commentaires. Là, nous avions quelque chose de tangible. Si ce n’est pas non plus la panacée absolue, au-delà d’un certain volume, nous pouvions commencer à nous dire que le billet avait quelque chose de pertinent.

La chasse aux partages sociaux

La chasse aux liens entrants (le désormais célèbre back link que même tonton André connait) est venue joyeusement pervertir cela. Ce fut l’époque du « spamco » (spam de commentaire, déposé uniquement dans le but de récupérer un lien vers son site).

Souvent un commentaire vide de sens, du type « merci pour cette utile réflexion qui me pousse à revoir mon positionnement sur la question ». Avec ça, quand vous êtes auteur du billet, vous êtes comme un con. Sans parler du nom de l’auteur du dit commentaire « Sanitaire et salle de bains Paris ». La totale.

Sont arrivés, lentement, mais surement, les réseaux sociaux et leurs boutons de partages. Au départ, une bien belle idée censée faciliter la viralité de nos contenus. Un bouton, 2 ou 3 clics, et voilà.

Comment se passe la viralité d’un contenu ?

Et voilà… Et voilà quoi ? Tiens, Paul, auquel je suis abonné, qui est un mec qui a une certaine notoriété vient de partager un billet. Hop, je relaie son partage. Je n’ai pas lu, mais bon, je connais Paul, je peux lui faire confiance. Ça se trouve, Paul n’a plus lu le billet. Et voilà votre compteur qui affiche 2 partages, mais vos stats affichent 0 lecture.

Ce n’est pas bien grave, avec un peu de chance (ou par erreur), il va bien se trouver quelques personnes qui viendront s’échouer sur votre article. Tant que le compteur de partage augmente, c’est bon pour l’image, la notoriété.

Dans un sens, ce n’est pas totalement faux. Votre marque se propage sur les réseaux. C’est vrai. Mais personne ne vient à vous.

Qu’on fait les éditeurs de contenus alors ? Ils ont produit encore plus. Toujours plus, sans vraiment se soucier de la qualité. Nous en sommes arrivés à lire et relire la même chose à longueur de temps. Pas peu d’avis contraires, pas ou peu de retour d’expérience (prendre position dans un monde uniformisé, mais ça va pas la tête !!).

Étrange paradoxe quand le marketing se tourne vers la personnalisation, vers l’émotion, quand le consommateur qui est en nous refuse cette uniformisation, le producteur reste ancré dans son schéma de production de copies.

Pour mesurer la réelle portée de vos écrits, il vaut mieux vous référer au temps passé par page, ce qui serait déjà une donnée plus juste. Un partage ne dira jamais si la personne est vraiment venue voir votre billet.

Naissance de l’influenceur

Prenons Twitter et Facebook. Vous publiez un lien vers votre billet sur ces deux réseaux sociaux. Un retweet ou un like sera comptabilisé comme 1 partage sur chacune. De fait, la publication peut obtenir 24 retweets et 32 likes. Soit 56 interactions. Mais votre article peut ne pas avoir été lu plus de 3 fois (votre conjoint, votre maman, et un égaré de service).

Mais l’honneur est sauf ! Vous affichez 56 partages, vous êtes au-dessus de la moyenne. Encore un effort, vous serez un de ces influenceurs dont personne ne sait vraiment ce qu’il dit, fait, écrit ou pense.

Certes, comme je vous le disais plus avant, il faut propager le nom de votre marque, c’est important. Penser à attirer du monde sur votre blog / site pour convertir, c’est bien aussi. Voir mieux.

Alors, que Twitter ai pris la décision de supprimer le compteur, je dis bravo ! J’aimerais que Facebook et les autres en fassent autant. À la rigueur, que cette donnée soit accessible à l’auteur du contenu serait utile.

En revanche, pour le public, cela ne sert à rien du tout. Ce qui doit primer avant toute chose, c’est la qualité du contenu, sa richesse informative, émotionnelle, son utilité, la réflexion qu’il va nous pousser à avoir. S’il n’est rien de tout cela, l’article ne sert à rien.

Retours aux fondamentaux

Écrire moins, écrire mieux. Tiens, c’est un peu le problème avec notre société consumériste qui se pose enfin la question de son mode de consommation. Acheter moins, mais mieux, plus utile, plus durable.