Le bad buzz hello it's valentine

Comment se faire des amis sur internet

Cas d’école avec Hello it’s Valentine qui détruit sa communauté

En plein mois d’août, il ne se passe pas grand-chose grand-chose. Alors, forcément, quand une sorte de tête d’affiche dans sa niche sort un drôle de billet, hé bien cela fait vite des vagues sur les réseaux sociaux.

C’est qui est arrivé à une blogueuse mode qui a eu la bonne idée de venir tancer sa communauté Instagram sur son blog. Dans le genre grosse bêtise, la demoiselle se pose là, et bien comme il faut. Après avoir pris quelques renseignements, il s’avère que la blogueuse n’en serait pas à son coup d’essai. Visiblement, il en est pour qui l’apprentissage a du mal à rentrer.

Quel est donc l’objet du courroux de cette blogueuse ? Un simple manque de like sur ses photos postées sur son fil Instagram. Au passage, heureusement que chacun ne vient pas ainsi chouiner, sinon, nous n’en finirions pas.

Note :

Ceci étant, la dame annonce entre 20 et 25k de followers, pour une moyenne de 1k likes par photos. Soit pas loin des 10%, ce qui est dans la norme, voire au-dessus.

A la lecture de ces chiffres, forcément, nous comprenons bien toute la détresse de la blogueuse. Mais en fait, comme elle le dit dans ses réponses aux commentaires sur ledit billet, on ne comprend pas. Bah oui, sa communauté est faite de cruches et de quiches qui ne peuvent pas comprendre.

Dans cette histoire, il y a tellement d’éléments à traiter que je ne sais pas par où commencer.

Hey ! Like my job and love me quoi !

Dans un premier temps, ce qui m’interpelle, c’est une espèce de mélange des genres. D’un côté, une blogueuse qui gagne sa vie en monnayant son audience auprès des marques, et de l’autre, cette même blogueuse qui demande de « l’amour » à sa communauté.

Alors, oui, nous sommes en France, et n’en déplaise à certaines personnes, nous n’avons pas importé la mentalité américaine. Nous avons notre culture et notre façon d’être, et c’est tant mieux. De fait, le mélange love and money, ce n’est pas vraiment en vogue de ce côté-ci de l’Atlantique.

Voici un premier passage du billet (qui a rapidement été effacé)

Pour en revenir à mon sujet, au-delà des chiffres, ce qui m’a motivée à rédiger ce que j’avais sur le cœur est bel et bien le fait que vous m’avez révélé être passives. Et assumer cela. Oui vous voyez passer les photos. Oui vous les regardez et appréciez (merci). Mais non, tapoter l’écran n’est pas utile selon vous.

J’ai toujours entendu dire « Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour ». Aujourd’hui, je prends en quelque sorte une claque dans la figure, en réalisant beaucoup apprécient sans avoir la moindre envie de le signifier. Que le travail fourni pour proposer du contenu qui vous divertit, amuse, émerveille, apaise, fait voyager (rayer les mentions inutiles) ne nécessite absolument pas un « renvoi de la balle ».

Étant tout le temps très transparente et sincère avec vous, je tenais à vous dire mon dépit.

Je crois que la dame oublie que sans son audience, elle ne serait rien auprès des marques. Donc, le « renvoi de la balle » existe bel et bien ! Il est sous forme sonnante et trébuchante. Que l’on veuille le beurre, l’argent du beurre, le crémier, la crèmerie, je veux bien, après tout. Toutefois, s’en prendre à sa communauté de la sorte ?

S’en prendre également aux gens parce qu’ils sont passifs et l’assument… A ce que je sache, nous sommes dans un pays démocratique et chacun reste encore libre de faire ce qu’il veut. De plus, ses suiveurs ont eu l’élégance d’être honnêtes avec elle dans le sondage. Venir les engueuler, c’est vraiment faire preuve d’un manque de tact extrême. Si je peux comprendre que cette passivité agace, de là à fracasser publiquement les gens qui vous suivent, il est un pas que je vous déconseille de franchir.

La morale, ou du bon usage d’Instagram

Notre blogueuse, très en verve, ne s’arrête pas là. Son dépit sentimental étant plus fort que tout, elle va désormais nous expliquer que chacun fait bien comme il veut, mais qu’il vaudrait mieux faire comme elle, parce que le monde serait plus beau, et surtout plus heureux.

En ce qui me concerne, j’utilise Instagram pour y puiser du positif. Je n’y follow « que » 230 comptes. C’est peut-être énorme ou peut-être dérisoire, chacun voit midi à sa porte pour ça. Mais je fais régulièrement du ménage pour ne pas en suivre plus, selon moi c’est un bon chiffre : j’arrive à voir passer toutes les photos que ces comptes publient. Et je mets un point d’honneur à ne pas les rater, sinon je préfère les unfollow. Je « Like » environ 95% des photos qui s’affichent dans mon feed.

(…)

Sa fonction de base : « Liker » les photos des autres. Pour moi, c’est juste une évidence, quelque chose qui me semble logique. Ne pas « Liker » si j’aime me paraîtrait très hypocrite de ma part : j’aime mais je ne le fais pas avoir à la personne ? Pourquoi ? Qu’est-ce que j’en retire in fine, de ne pas « Liker » ?

La fonction première d’Instagram n’est pas de liker, mais bien de présenter ses photos aux autres. Ensuite, libre (oui, libre) à chacun de liker ou non. Bon, visiblement, il existe encore des personnes n’ayant pas bien compris le fonctionnement des réseaux, c’est triste, surtout pour une personne qui se veut professionnelle sur internet.

J’espère que vous avez compris que de ne pas liker fait de vous des hypocrites. C’est sympa de faire partie de cette communauté, un billet pour faire faire la morale et vous faire insulter.

Vous noterez au passage le « chacun voit midi à sa porte pour ça » (au sujet du nombre de comptes que vous suivez), mais pour les likes, il faut faire comme la dame vous dit. Et puis c’est tout !

La souffrance de la blogueuse (du blogueur)

Voici le couplet pour toucher la ménagère de moins de 30 ans. Parce que, on ne se rend pas compte, mais c’est difficile de faire un métier que l’on a choisi, c’est difficile d’avoir une communauté, difficile de voyager, de faire des photos en maillot à la piscine, c’est… bref, c’est un dur métier.

Voilà mon avis, mon texte est déjà bien long mais je l’ai écrit d’une traite, sous le coup du léger « choc » causé par la découverte de ces stats. Les chiffres et moi n’avons jamais été copains : j’étais la pire élève en maths, j’avais une moyenne de 2/20 en Seconde Générale au Lycée (et me suis naturellement dirigée vers une filière littéraire). Regarder les stats de mon blog est pour moi une corvée : je dois le faire quand les marques me le demandent et attendent un retour chiffré sur la portée de mes articles sponsorisés. C’est la partie immergée de l’iceberg, les « coulisses » d’un blog mais c’est ainsi. Je n’aime pas mais je dois, quoi qu’il arrive les chiffres ne valent pas les rapports humains.

Pour Instagram, je pense que les chiffres sous mes photos ne sont pas à la hauteur de mon implication dans mon travail. (…)

Encore une fois, cette personne oublie un détail : elle utilise sa communauté dans un but mercantile. Alors, ça joue « copine / copine », mais pas plus que cela. Faut pas tout mélanger.

Je suis plus forte que la détresse, et en plus, MOI, je like

La fin du psychodrame arrive enfin. Et comme nous ne sommes plus à un paradoxe près dans ce billet, finissons dans le grand n’importe quoi.

Je vais continuer à partager ce que j’aime avec vous, pas de doute là dessus. Mais je sais en tout cas à quoi m’en tenir : il y aura toujours des spectatrices dans la salle qui n’applaudiront pas, même si elles ont aimé ce qu’elles ont vu. Je préférerais sincèrement qu’elles quittent la salle. Sentez vous libres de m’unfollow, vraiment. Et là je parle de celles qui n’ont jamais rien « Liké », hein.

Évidemment, mille mercis à toutes celles qui me soutiennent et m’encouragent depuis des années et prennent aussi le temps de « Liker » mes photos ! Cela signifie plus que de voir des chiffres grimper : c’est savoir que vous êtes là, à mes côtés, sans forcément le dire.

Vous allez bien lu la dernière phrase ? Je vous remets le contexte du billet. Nous avons une blogueuse qui vient se plaindre du manque d’engagement de sa communauté et qui finit son billet avec « Cela signifie plus que de voir des chiffres grimper : c’est savoir que vous êtes là, à mes côtés, sans forcément le dire. » Alors, à qui sert ce billet ???? Il faudrait m’expliquer.

Le blogueur pro, cet incapable

Ce que je vois une fois encore dans la blogosphère francophone, c’est globalement (à quelques exceptions près) l’amateurisme profond. Nous avons des personnes qui utilisent leur audience afin d’en tirer un revenu. Ces personnes sont devenues des « hommes sandwiches » des temps modernes. Après tout, pourquoi pas.

Cependant, pour ces personnes qui se veulent des professionnelles, on notera d’une part un manque de connaissances sur le marketing, la communication, les bons usages des réseaux sociaux et enfin, des compétences techniques en bernes. Ça fait beaucoup pour une seule personne. Dans le monde de l’entreprise privée, un tel cumul d’incompétences serait un la garantie d’un aller simple pour le Pôle Emploi.

Malgré tout, elles arrivent à tirer un revenu confortable entre les articles sponsorisés, les prestations et les cadeaux.

En soi, demander plus d’interactions, pourquoi pas. Cependant, dans le cas présent, nous sommes au-delà de la maladresse. J’estime que lorsque l’on vit de son blog, de sa communauté, il est de bon ton de s’intéresser au média qui nous sert de support, à minima. Aussi, s’en prendre aussi ouvertement à son propre public, lui faire la morale, lui expliquer les bonnes manières, c’est plutôt très gonflé, hautain et dédaigneux.

Ici, j’ai encore l’impression d’être face à un gourou, non pas dans le marketing, mais le ton est aussi péremptoire, odieux, irrespectueux des autres, tout en en demandant un maximum de son côté. Je ne vous respecte pas, mais que cela ne vous empêche pas de me respecter vous, parce que moi, j’suis une blogueuse connue.

Que cette personne soit rassurée, son article n’est pas passé inaperçu sur les réseaux. Elle aura pu constater qu’en certaines occasions, son public peut sortir de sa passivité toute relative pour s’exprimer. Et finalement, c’est bien là ce qu’elle souhaitait, alors, tout est bien qui fini bien !

Bonus Track

Pour instagram, qui est avant tout une plateforme pour photographes, si vous souhaitez plus de like, faites donc de belles photos. Ca aide vachement, j’vous promet ^^

Et puis, comme notre blogueuse est juste et honnête, les marques aussi en prennent pour le grade. Je me demande comment cette personne réagirait si quelqu’un s’en prenait publiquement à elle comme elle se le permet ?…

Bref, entre encouragements et menaces, son fil Twitter explique au monde comment il faut vivre. Si quelqu’un pouvait expliquer un jour à tous ces blogueurs / blogueuses comment eux devraient se comporter, ça ne serait pas un luxe. D’ici là, qu’ils continuent leurs idioties, ça donne l’occasion d’un billet marrant et éducatif sur ce qu’il ne faut pas faire, alors merci 🙂