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Mettre son entreprise au service de sa vie

Et non, sa vie au service de son entreprise

Voilà une « punch line » que j’ai lu il y a peu sur le web. De prime abord, j’ai trouvé la phrase percutante, intelligente. D’un point de vue marketing, elle déboite sévère, surtout dans un univers où chacun ne pense plus qu’à lui. Derrière cette phrase se cache la volonté « d’enseigner la liberté ».

Voilà des concepts forts, qui parlent à un large public, qui inspire (oui, inspiration est le thème en vogue). C’est super bien trouvé. Rien à redire. Vraiment rien, mais rien de rien. En fait, si. Il y a matière à redire.

Cette phrase aussi belle et intelligente soit elle me lassait un gout étrange. Il y avait quelque chose qui me grattait sans que je n’arrive à savoir quoi. Alors, j’ai creusé, et j’ai fait tilt (oui comme un flipper ^^).

Qu’est-ce qu’une entreprise ?

À l’origine, si l’on prend les grandes réussites récentes, une entreprise vient pour apporter une solution à une problématique collective. Bien sûr, la notion de profit est là et bien là. Il n’est pas question de faire de la philanthropie, les œuvres caritatives sont là pour ça. Pardonnez mon cynisme, il faut dire ce qui est.

Certes, certaines entreprises se sont lancées dans des fondations, des œuvres diverses et variées. Ne nous y trompons pas, le but est de redorer l’image de l’entreprise. C’est donc un investissement. Ceci étant tout le monde y trouve son compte, et c’est tant mieux.

Revenons-en donc à l’entreprise. Son but premier lors de sa création est d’apporter une réponse à une problématique. Une entreprise est donc là pour répondre à une demande de ses futurs… Clients. Hé oui, client. Le gros mot est lâché.

Et c’est bien cela qui me tracassait avec « une entreprise au service de votre vie ». Regardons tous les grands entrepreneurs dont les marketeurs de la toile revendiquent s’être inspirés : Job, Musk, etc… Tous ces (vrais) grands ont répondu à des problèmes, apporté des solutions au monde. Pour certains, ils ont créé des centaines de milliers d’emplois, ils ont mis en place des services clients extrêmement performants. Qui n’a pas vanté les mérites du service client Apple (en dehors de ceux qui ne possèdent pas de matériel Apple) ?

Dans ces réussites, il est une constante : servir le client avec des produits irréprochables, mais aussi, assurer un service client de haute volée.

Or, dans le concept marketing qui est « d’enseigner la liberté », car il ne faut pas s’y tromper, ce n’est que du marketing, il n’est jamais réellement question du client, mais bien de la vie « merveilleuse » que le vendeur est en train de vivre.

Réflexion

Donc, construire un monde meilleur c’est utiliser l’entreprise pour asservir ses clients pour sa propre pomme et se balader autour du monde ? Voilà une étrange notion de monde meilleur, vous ne trouvez pas ? C’est le capitalisme poussé à l’extrême.

Le client au service de l’entreprise, concept 2.0

Quel est réellement le principe sur le terrain ? Il est on ne peut plus simple. Il s’agit de créer un blog pas trop qualitatif, mettre en place un système automatisé à l’extrême afin de se dégager du temps pour faire autre chose. Quoi ? Du surf, des voyages, investir dans l’immobilier, bref, tout pour ne pas bosser, et encore moins s’occuper de ses clients.

Le client, donc l’entreprise, est là uniquement pour servir les desseins de son fondateur. Ne cherchez pas la création d’emploi en France, ou encore la création de richesses en France de la part de ces entreprises, il n’y en a pas. En revanche, on va externalisé « éthiquement » à Madagascar et venir fracasser le système français. La démagogie n’a pas de limite.

Nos « blogueurs à succès » sont tous basé en dehors de nos frontières. Officiellement pour des raisons de fiscalité, ils sont pour la grande majorité, en Angleterre, en Andorre, au Portugal, à Hong Kong et viennent donc donner des leçons aux Français. Le fond du problème est ailleurs.

Le CA dégagé n’est pas assez fort pour leur permettre de vivre comme des princes en France. Il faut savoir qu’entre les publicités, le nettoyage de la réputation, les frais de justice pour tenir les clients mécontents en respect, les remboursements, les différents services d’automatisation, sur un CA de 300 / 400.000 euros, il ne reste pas grand-chose.

Enfin, se lancer dans une telle aventure lorsque l’on n’a rien à payer, avec un pécule de 20/30.000 euros, c’est déjà plus facile que pour un père ou une mère de famille avec loyer, charges, enfants, crédits et tout le tintouin.

Le secret que les « blogueurs pros » ne veulent pas vous dévoiler

Quoi ? Vous ne saviez pas ? Vous n’étiez pas au courant que tous ont mis une belle somme sur la table pour intégrer un réseau d’affiliation très puissant ? Ah bah oui, vous pensiez que pouf ! Youpla, on sort la formation et on fait 1.000 ventes comme ça, juste avec une promesse. Non, il vous faut un sacré réseau pour vous mettre sur orbite. Et ne rentre pas qui veut dans ledit réseau. Car chaque nouvel entrant, c’est aussi une part de gâteau à distribuer en plus.

En revanche, vous, vous pouvez payer pour que ces « entreprises » à but individuel continuent d’exister et de vous proposer la nouvelle chaîne de télé axée divertissements. Avant, vous regardiez un animateur faire la fête à la télé. Maintenant, vous regardez ces gens « inspirants » faire le tour du monde pour vous. Et sinon, la vie par procuration, c’est comment ?

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Malheureusement, malgré votre investissement à 997 ou 1997€, votre entreprise ressemblera bien plus à cela.

Le libre emprisonnement

L’idée, le concept d’enseigner la liberté en emprisonnant les autres, c’est pas mal. Mais ce n’est pas « nouveau ». C’est le capitalisme dans tout ce qu’il a de plus laid. L’exploitation. Non plus des salariés, mais des clients.

Force est de constater que cela fonctionne pour eux. Après tout, tant mieux. S’il se trouve encore des gens pour vivre par procuration, autant que cela profite à d’autres. D’un côté comme de l’autre, on se pense libre et tout le monde est heureux.

En ce qui me concerne, je préfère encore un CA moins clinquant, de meilleurs bénef’, et surtout, faire en sorte que mes clients soient le plus satisfaits possible. Oui, je sais, sur le marché du blogging et des marketeux, ça fait un peu vieux jeu.

Que voulez-vous, aimer et respecter ont toujours été des valeurs désuètes face au blé. Jusqu’au jour où tout à chacun prends conscience que le blé n’achète pas ces valeurs-là. Et là, c’est le drame. Mais tout n’est pas perdu pour autant. En revenant aux fondamentaux, il est toujours possible de s’en sortir.