blogueur-pro-rebelle-pas-intelligent

Futurs entrepreneurs, voici pourquoi vous allez échouer

Vous allez faire le pire des choix, avant même de vous lancer

Hier, sur le blog de Marie Aurélie, je lisais le portrait d’Hervé Bourdon, pour qui j’ai estime et sympathie, portrait que je vous invite (vraiment) à lire. Vous verrez que l’on peut très bien faire une belle carrière sans en vouloir à la terre entière, sans en vouloir à la société, aux patrons, ou à je ne sais qui. La façon dont Hervé aborde son métier est une belle leçon d’humanité.

Dans ce portrait, Hervé explique qu’il n’est pas utile d’être en opposition à quelque chose pour entreprendre. Et que ce message fait du bien !! Et j’ai eu envie de vous livrer le fond de ma pensée sur ce sujet.

Extrait :

Être entrepreneur m’a conduit à construire sans m’opposer à un patron. Ce n’était pas mon mode de fonctionnement naturel et j’ai du travailler sur ce point.

Cela m’a permis de m’entourer de personnes formidables, car je ne vois pas l’entrepreneur comme un dirigeant solo. J’ai une conviction forte dans la nécessité de développer son réseau, amical, partenarial, professionnel.

Le gout de soi

Entreprendre est une bien belle chose. Entreprendre, c’est un mode de vie, un art, une volonté profonde. A ce titre, ces derniers mois, sur Periscope, il fut beaucoup question du « pourquoi entreprendre », le fameux « why ».

Cette question, nombreuses sont les personnes qui préfèrent ne pas se la poser. Libre à eux, après tout. Vous comprenez, se poser des questions « existentielles », ça va hein. Ils veulent entreprendre, gagner de l’argent, être connus, reconnus, c’est tout. Pourquoi pas, il faut de tout pour faire un monde.

Et puis, il y a une vaste partie de cette population de futurs entrepreneurs qui se laissent embarquer par des messages simplistes, qui se laissent submerger par des émotions basiques, mais tellement bien de chez nous, des idées reçues tellement ancrées dans nos p’tites têtes.

J’ai vu des publicités sur Facebook du type « Vous aussi licenciez votre patron » ou encore « ne soyez plus l’esclave de votre patron / emploi », et ainsi de suite.

Quand on creuse le CV des auteurs de ces pubs, que trouvons-nous ? D’abord un profond rejet de l’Humain, de la société (dont ces gens font partie), une opposition aux patrons, journalistes, blogueurs, salariés et ainsi de suite. Tout est basé sur l’opposition. Le e-commerce ? C’est mort. Les agences web ? Des menteurs. Les blogueurs ? Des niais. Les journalistes ? Des ânes. Et j’en passe.

Et donc, nous avons de futurs créateurs d’entreprises s qui adhèrent à cela en espérant devenir des « entrepreneurs à succès » en étant tout simplement les clones de ces gens-là. Concept intéressant de l’entrepreneuriat qui malgré tout m’échappe. Mais il parait que cela « marche ». J’attends encore de voir LA fameuse réussite, mais bon, « ça marche » à ce qu’il parait.

Les raisins de la colère

Revenons-en à ce qui nous intéresse ici : entreprendre par opposition à quelque chose. C’est sans doute la pire des choses que vous pourriez faire. Car une fois votre colère passée, comment allez-vous alimenter le moteur ?

Ça marche pour eux, pour ces vendeurs. Oui. Mais ils sont aigris, avides d’argent, en quête d’une reconnaissance qu’ils n’obtiendront jamais vraiment. Est-ce vraiment à cela que vous souhaitez ressembler ? Vous « libérer » d’un système pour en rejoindre un autre plus fermé encore, un système où vous serez jugé à la taille de votre compte en banque et non de ce que vous êtes, de ce que votre entreprise créée ?

Se forger une carrière en étant dans l’opposition ne mène à rien. Vous n’agissez pas, vous réagissez, de fait, vous aurez toujours un temps de retard. Une entreprise qui avance avec du retard, tôt ou tard, elle meurt.

Ne seriez-vous pas plus inspiré de chercher au fond de vous des raisons réelles, un projet plus construit, plus Humain, plus fiable pour vous lancer ?

Bien entendu, chacun à sa propre liberté, son propre libre arbitre, chaque personne est libre de ses choix. Pour ma part, je trouverai dommage que vous mettiez de la volonté, du cœur, de l’envie et un budget dans une aventure vouée à l’échec parce que vous ne seriez pas partis sur des bases saines. 

Pour finir sur ce sujet, libre à vous de faire vos propres choix. En ce qui me concerne, et renforcé par de multiples échanges avec des entrepreneurs d’un bon niveau, je crois qu’entreprendre en s’opposant à quelque chose, cela ne mène jamais bien loin.

Votre patron vous emmerde ? Bien… Et une fois que vous n’aurez plus de patron, vous ferez quoi ? Vous devrez vous trouver un autre ennemi ? C’est la société qui pose un problème ? Vous faites partie du problème, puisque vous êtes dans la société. Alors, qu’allez-vous faire ? Partir, loin, très loin du monde occidental ? Et après ?

Je pense qu’il est plus intelligent de chercher au fond de vous des raisons plus « spirituelles », plus saines, des raisons qui colleraient plus à vos attentes, à votre personnalité pour vous engager dans un tel projet. Dès le départ, donnez-vous de vraies chances de réussir, ce serait là un premier bon choix, vous ne pensez pas ?