Tous digitalisés

Un livre rédigé par Manuel Diaz

D’abord, un constat : avant, on parlait de #NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication), que s’est-il passé ? Pas grand-chose.

Alors, pour rendre le truc plus intelligible auprès des entreprises, on a changé NTIC par numérique. Plus court, et plus compréhensible. Que s’est-il passé ? Pas grand-chose.

Désormais, on parle de digital, de big data. Ah ça, on en parle. Partout. Problème : beaucoup de personnes parlent sans trop savoir de quoi elles parlent. On noircit des pages web, on se place, on fait comme d’habitude : du bullshit, de la « redite ».

Certes, ça bouge, ça frémit. Cependant, nous ne sommes pas au bout. Les entreprises françaises commencent, 20 ans après (pas de panique, on est dans la norme du retard habituel), à entrevoir le potentiel de la chose.

Internet n’est pas l’ennemi

La presse, après avoir tenté de diaboliser le web commence elle aussi à s’en faire un pote. Avec des résultats plus intéressants. Faut dire, sérieusement, faut être con pour lutter contre internet non ?!

Pour les majors, dans la musique, c’est pas gagné. Là, y’a encore résistance. Un jour, ils comprendront que leur bon vieux marché est mort et bien mort. Mais pour le moment, pas moyen. Qu’ils continuent de dépenser des millions en DRM, ça fait le bonheur des hackers.

C’est donc dans ce joyeux contexte d’une économie qui se meurt au bénéfice d’une nouvelle façon de consommer que se tenait la conférence de Manuel Diaz « Tous digitalisés ». Manuel n’est certainement pas celui que l’on entend le plus dans le bruit de fond du digital. Et c’est bien dommage. Manu, si tu me lis, va falloir faire porter ta voix plus loin !

Pourquoi ? Parce que dans le genre « je suis venu vous dire un truc » il se pose là. Et en plus, quand il parle, vous, vous en avez pour 3 semaines de réflexions !

Le digital, Manuel connait, maitrise. Il vit, respire et transpire digital. Il parle digital, avec des mots simples, des phrases simples, ce qui les rend plus percutantes. Pas blabla inutile, ni de langage ampoulé. C’est direct, franc, efficace. Et surtout, avéré, vérifiable.

Manuel est donc venu présenter son bouquin, publié chez Dunod, au cours d’une conférence qui dresse un constat clair et net : on est largué. Point.

L’entreprise, ce paquebot à la traîne

Le décalage entre l’entreprise et ses composantes ressemble à un abysse. Le salarié va plus vite que son entreprise, il est plus connecté, plus agile. Ce décalage se retrouve dans les objectifs que l’entreprise se fixe et impose à ses employés. Avec ça, pas facile d’avancer. Le marché bouge trois fois, que l’entreprise n’a pas finie d’analyser le premier mouvement.

La réactivité, l’agilité, ce n’est pas la qualité première d’une grosse structure. Forcément, on ne fait pas bouger un paquebot aussi aisément qu’un voilier.

La télécommande, le premier AdBlocker moderne

Ce décalage se retrouve partout. La pub. Tiens, oui, la pub. Des sociétés continuent de claquer des millions pour des spots TV. Que fait le consommateur devant sa TV ? Il zap. Un jour, ils comprendront que la télécommande existe. Mais pour le moment, ces boites tentent de s’accrocher désespérément à ce vieux modèle qui crève lentement, mais surement.

Ces millions, s’ils étaient intelligemment injecté dans des campagnes sur internet, avec la puissance des outils de tracking à dispo, ils seraient sans doute plus rentables. Ciblé sur le web, c’est bien plus facile. Essayez donc de cibler une campagne TV ou de display dans la rue.

Aujourd’hui, 93% des « marques » présentent sur le marché pourraient disparaitre demain que cela ne ferait ni chaud ni froid au consommateur. À l’heure où tout le monde parle d’émotions, y’a de quoi s’interroger sur ce chiffre.

Je ne vais pas vous spoiler la conférence de Manuel, ni son bouquin. Si vous pouvez aller l’écouter, foncez ! Vous allez entendre des choses tellement évidentes, tellement claires, que vous vous demanderez bien comment vous avez fait pour ne pas y penser avant.

La minute merci

Je finis vite fait en remerciant d’abord Hervé Bourdon aka @Valvert (papa de #Shake) qui s’est chargé d’organiser la conférence au sein de l’EMD à Marseille.

Ensuite, Manuel pour sa disponibilité. Nous avons fini la soirée autour d’un verre et d’un croque-monsieur, poursuivant la discussion autour du digital, en toute simplicité.

Y’a des gens qui aimeraient être influents, et brassent du vent aux quatre coins du web, pour rien. Et puis, y’a ceux qui le sont. On ne les voit pas souvent, on ne les entend pas souvent, et c’est bien dommage. Parce que ce sont ces gens-là qu’il faut écouter. Alors, à défaut, si vous ne pouvez pas vous rendre à l’une de ses conférences Manuel, procurez-vous son bouquin, et suivez son émission « Marche ou crève », sur Youtube.

Les liens

Bonus Track

Une interview de Manuel, réalisée en direct avec Periscope.

Voir aussi un autre retour sur la conférence de Manuel

 

Cet article "Tous digitalisés, la conférence avant le livre" a été publié par Stephane Briot