A cœur ouvert

C’est qui le Patron ?

Lisez, entendez. C’est à cœur ouvert

Si vous me suivez depuis un moment, vous savez que j’ai horreur de ces billets à la con. Et si vous me découvrez à l’instant, d’abord bienvenue, ensuite attachez votre ceinture, allumez votre cerveau, et donc, vous allez savoir de suite de quoi je parle.

stephane briot bilan

Les billets bilans. Sincèrement, ça s’est pas mal calmé, parce que pendant un moment, tous les mois, on avait le droit à tous les bilans de l’apprenti blogueur pro #SOSLooser.

En même temps, c’était dans leurs « formations », on leur disait que c’était important de faire un billet pour montrer sa progression. En gros, le formateur essayait de faire valoir sa méthode. Aujourd’hui, s’est passé de mode.

Bref ! Malgré tout, j’avais envie de vous faire un article à cœur ouvert, une sorte de bilan de ces dernières années. Pourquoi ? Et pourquoi pas ? Disons que je trouve bien que vous sachiez qui est en face de vous. Pas plus pas moins.

Nous sommes fin 2013, y’a un trou du cul qui a la trouille de moi et qui me colle un procès qu’il va gagner parce que mon avocat est une quiche. J’en parle par transparence, mais au fond, rien à taper. Juste un message à l’abrutis : Je n’en ai pas fini avec toi, d’une façon ou d’une autre, on aura une explication entre homme (moi) et fiotte (toi), les yeux dans les yeux, si t’es capable de soutenir mon regard plus de 5 secondes, souviens-toi.

De l’enfer…

Mais fin 2013, c’est surtout l’annonce de la maladie de ma fille. Le truc qui te colle un stop juste affreux. Parce que t’es face à la meilleure neurologue du pays, parce que tu vois ta gosse de 4 ans dépérir, et que là, tu flippes comme jamais.

Il aura fallu neuf putains de long mois, neuf mois, pour avoir un diagnostic. Pendant ces neuf mois, t’es comme un con. Tu sais pas. La neurologue t’a dit à quoi elle pensait, alors comme un con, tu vas sur internet, et là, tu captes que la vie de ta gosse est peut-être en jeu. En gros, tu flippes, tout fou le camp. Vous comprenez pourquoi le procès intenté par l’autre abruti me passe au-dessus du crâne. Tu veux de blé, tiens prend ton oseille, et file à jouer à qui est le plus fort dans la cour de récré, j’ai une vraie vie avec un vrai truc à régler, me fait pas chier.

Finalement, le truc tombe. Charcot Marie Tooth, type CMT2A. En gros, ses p’tits pieds sont foutus, et peut-être ses mains, mais on ne sait pas, trop peu de cas en France pour se faire une idée. Bon, là, tu te dis ok, on positive à mort (si j’ose dire), pas de pronostic vitale engagé.

Mais pendant des mois, on a vécu avec le regard des médecins méga inquiet, tous les jours. Parce que tous les jours pendant plus d’un an, on l’emmenait à l’hosto : kiné, soins, psy. Pas pour la guérir, parce qu’il n’existe rien pour guérir. Juste pour tenter de contrer les effets de la maladie.

Ta gosse qui chantait tous les jours ne chante plus. Mais elle est super bien encadrée. Par contre, toi, en tant que parent, oublie. Tu gères comme tu peux. J’en veux à personne, parce que de toutes les façons, cette rage que tu as au fond de toi, y’a rien pour la guérir, rien, nada.

J’ai chialé les larmes de mon corps, de mon âme. C’est ma fille merde. Alors, le boulot, ouais, bah laisse tomber. Pas envie, pas le temps, pas la force. Basta !

Edit : un énorme coup de chapeau à ma Femme qui a continué à bosser avec ce fardeau sur le cœur. #Respect

A la lumière…

Et puis un jour, ta gosse qui ne chantait plus, elle recommence. Et là, tu chiales encore. Mais de joie. Parce que tu sais, tu comprends que là, tu tiens le bon bout. Et tu lâches rien. Tu te bats comme un putain de chien, tu donnes tout ce que tu peux, et plus encore. Parce que y’a pas moyen !

Tu sais que là, faut pas lâcher, faut envoyer encore, et encore, donner tout ce que tes tripes peuvent donner. Et puis, lentement, tu retrouves l’insouciance de ton enfant. Alors, bien entendu, y’a quelque chose qui a changé à jamais. Ta gosse est classée « handicapée », mais elle est là, debout, fière, le sourire d’une môme qui croque la vie et capte à la vitesse de la lumière.

Alors, doucement, tu reprends ta vie. Tu remets ton couple à l’endroit, parce qu’un séisme pareil, ça fait du grabuge. Les médecins qui suivent notre fille se demandent encore comment on a fait pour encore être là, ensemble, en famille. Franchement, on sait pas nous même. Enfin, si. L’Amour.

Alors doucement, tu remets ta tête dans ton job. Un premier projet pour réamorcer la pompe. L’Inkubateur. Mais rapidement, même si tu donnes tout, tu sais que ça va pas le faire. Pas grave, t’avances, t’apprends. On est en 2015.

Fin de cette même année, il est temps d’arrêter les frais avant que tout ne vrille définitivement. Il est temps de se poser un peu, de reprendre son souffle. Parce que mine de rien, cette putain de maladie est toujours là, et que ton couple est encore fragile. Faut se ressouder, retrouver la source.

Le temps prend son temps ce con. Mais c’est ainsi. J’ai appris la patience, et croyez-moi, la patience n’était vraiment pas ma vertu première.

Et puis, début 2016, un contact sur le salon des entrepreneurs où je suis plus pour me vider la tête et m’aérer que pour bosser. Ce contact ? Ce sont les Éditions Eyrolles qui viennent me chercher pour que j’écrive un bouquin sur le blogging. Moi ? Eyrolles ? Un bouquin ? Non ? C’est une caméra cachée d’un mauvais goût ?!

Bah non. Ça fait un moment que je suis suivi, que mon franc parler et mon « parlé vrai » les branches. Et voilà ! Me voilà embarqué dans un truc de dingue. J’ai rien demandé, c’est arrivé. Enfin, j’ai rien demandé. J’ai toujours cru en moi, toujours. Et si j’ai eu une période compliquée, je savais que j’allais revenir au blogging et que j’allais me remettre au boulot. Parce que j’adore ça.

Fin 2016, je me décide enfin à prendre un nom de domaine à mon nom et à « poser les couilles sur la table » comme on dit. Enfin, d’abord, j’en pose une, mais discrètement. Parce que bon, j’ai été sérieusement ébranlé, parce que ça fait un bail que je n’ai rien écrit. Alors, je reprends tranquillement. Trop. Mais j’suis là, au fond de la salle, près du radiateur. J’suis là, mais faut pas trop que l’on me voit.

C’est qui le Patron du blogging ?

Le bouquin est parti pour impression. Les dés sont jetés. J’ai la trouille, mais pas plus que ça. Après tout, c’est fait, c’est fait. Et si les gens n’aiment pas, bah voilà. J’aurais bien le temps de me faire une déprime, ou autre chose, on verra.

Début 2017, je me force à y croire, parce que j’ai des contacts qui arrivent d’un peu partout, parce que si moi j’y crois pas, ça va pas le faire. Une belle conférence m’attend à Paris sur le Salon des Entrepreneurs. Va falloir assurer. Je n’ai pas peur. Je n’y crois pas fermement, mas je n’ai pas peur. Étrange posture. Sans doute pour me protéger.

Je monte sur scène, et là, je capte. C’est ça. J’suis à ma place. Je le vois dans le regard des gens. J’arrive à les conduire où je veux. J’me loupe sur ma sortie « commerciale », mais l’essentiel est là. J’ai vu la lumière dans leurs yeux, j‘ai vu leurs sourires. Je suis à ma place. Le leader, le Boss, le Patron, c’est moi. Point.

Alors j’enfile mon costume, et je fais le job. Avec joie. Parce que je reviens de loin. Mais je garde mon langage fleuri, ma liberté de ton, parce que c’est aussi pour cela que vous êtes là, parce que c’est aussi pour cela que j’ai pu sortir un bouquin et un bouquin qui se vend bien.

Fin février, et parce que tout seul, c’est compliqué, j’ai mon pote Thomas qui me file un sérieux coup de main sur mon site. On défriche, on met tout à plat, on bosse, on s’arrache, on discute. Et finalement, on sort une belle Home page, et une page de vente qui fait déjà le job.

En mars, en avril, d’autres conférences, plus d’une quarantaine d’articles à écrire chez les copains pour assurer la promo du livre.

Et vous savez quoi ? J’en suis mais putain de fier. Pour deux choses. Le regard de ma Femme qui a toujours cru en moi, et qui est toujours là. Et puis, le regard de ma fille quand elle a pris dans ses p’tites mains le tout premier exemplaire que nous ayons reçu de mon livre. Elle est partie avec à l’école. Des étoiles pleins les yeux et fière de son papa. Et ça, je vais vous dire, ça vaut tous les millions de chiffre d’affaires.

Alors, j’vais vous dire, au vu de tout ça, et de tout ce qui se passe en coulisse que vous ne savez pas, c’est qui le patron ? C’est bibi. Et ça ne fait que commencer.

J’vais pas « me l’a raconter ». Juste prendre ma place, celle que des tas gens attendent que je prenne depuis des lustres. Celle du Patron. Mais j’vous préviens, c’est à ma façon que je le fais. Point.

PS : C’est pas du storytellng “arrangé” pour faire genre. Certains de mes concurrents font ça très bien, là, c’est simplement du vrai, du vrai que je voulais vous partager. 

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