Influencer sans mot dire ?

Pas vu, pas dit, pas entendu

J’ai dernièrement rédigé un billet un peu caustique sur l’influence marketing. Il faut dire que là, c’est parti, on va en manger à toutes les sauces. Enfin, toutes, oui et non.

Parce que pour le moment, en dehors d’essayer de définir ce qu’est l’influence sans trop mettre le nez dans les bouquins, nombre de rédacteurs émérites se contentent de parler de la relation marque influenceur et de comment qu’il serait bien de faire. Nous avons également les longs pensums sur ce qu’est un influenceur.

L’influenceur qui n’avait pas d’avis.

À la suite de cet article, mon confère Laurent Bour, du JCM, s’est fendu d’un article. Tout comme Laurent, j’ai du mal à comprendre le principe de l’influence silencieuse. Pour reprendre un exemple concret, parlons brièvement de #FlashTweet qui est un bon exemple.

Je ne vais pas décrier le « travail de veille » réalisé par la personne qui anime ce compte, ce n’est pas le propos. Mais voilà un compte qui est défini comme influent. C’est au mieux un commentaire sur l’actualité, et surtout l’actualité « grands médias ». Je vous invite à suivre les “discussions” autour des tweets. C’est digne de Gérard et Emile au café du commerce. Brèves de comptoir 2.0. Mais au moins, brèves de comptoir, c’était marrant putain ! Là ? J’sais pas, à vous de voir.

Mais voilà, des milliers de followers (non, je ne suis pas jaloux, jouer au jeu de la plus grosse… bof), et pas d’avis ! Rien ! pas un avis sur quoi que ce soit. Influence avez vous dit ?? Ah ??

Définition de l’opinion

Il se dit ici et là que le silence est une « opinion ». Comme toujours quand j’ai besoin d’avoir une définition, direction le Larousse. Et que dit le Larousse  « Jugement, avis, sentiment qu’un individu ou un groupe émet sur un sujet, des faits, ce qu’il en pense : Exprimer son opinion au cours du débat. L’opinion des critiques. Ensemble des idées d’un groupe social sur les problèmes politiques, économiques, moraux, etc. »

Je dois être idiot, mais : « Jugement, avis, sentiment qu’un individu ou un groupe émet sur un sujet ». J’ai bien lu « émet » et surtout « ce qu’il en pense ». Dite moi, si je tweet un lien vers un site pro Macron, ou pro Mélenchon, suis d’accord avec l’un ou avec l’autre, quel est mon avis, qu’est-ce que j’en pense ? Vous n’en savez rien de rien. Mais alors vous n’en savez foutrement rien ! Vous allez déduire. Mais ce que j’en pense vraiment, vous n’en savez rien. C’est un ainsi. Tweeter un billet ne dit pas exactement ce que je pense, sauf si j’accompagne la chose d’un commentaire.

Et plus encore, si je ne dis rien ??? Vous allez savoir quoi ? Vous pouvez me la faire dans tous les sens, me sortir des théories fumeuses, mais si je ne pipe mot, ça va être compliqué de savoir ce que je pense non ?? ?

Donc, comment allez-vous pouvoir vous positionner par rapport à ce que je ne dis pas. Faudrait m’expliquer le truc. Que l’on parle de relai, je veux bien. D’influence ? Mais qui est influent. Aujourd’hui, voilà une personne « influente » sur le dos des autres.

Et c’est bien ce qui m’agace dans l’histoire. L’opportunisme malsain de certaines personnes à utiliser le boulot des autres pour se faire valoir. Remarquer, on fait avec les moyens qui sont à notre disposition.

Ceci étant, même si je ne suis pas du tout en phase, je ne vais pas lutter contre la majorité. Comme on a le président que l’on mérite, on a les influenceurs… Vous m’aurez compris.

Des tranches d’influence

Depuis que la presse et la télévision existent, les personnalités que nous voyons au travers de ces médias ont sur nous une influence plus ou moins directe, et plus ou moins volontaire.

Un Goldman, un Norman, un Ronaldo, une Cordula, chacun à leur niveau, vont exercer une fascination sur nous et donc une influence.

Cette influence est différente de celle exercée par nos proches, nos collègues, nos amis. Cette influence est plus directe, nous touche plus profondément, elle peut nous affecter, nous faire nous dépasser.

Dans les deux cas, nous sommes sous influence. C’est en cela, Laurent que je dis « l’influence, c’est l’influence. Point. » Et comme tu le soulignes, il n’existe pas d’outils pour mesurer le pouvoir d’influence exercé par une personne sur une autre.

Des centaines d’expériences furent et sont encore menées par des scientifiques, des universitaires, pour comprendre ces mécanismes. Si nous pouvons aujourd’hui en tracer les contours, nous restons encore loin de pouvoir maitriser pleinement le concept d’influence.

Si je caricature, n va découper en tranche un saucisson que nous n’avons pas encore fabriqué. C’est coton comme affaire non ? J’avoue que le truc me fait rigoler. Ni jaune, ni sarcastique, juste rigoler.

La partage, influence or not ?

Un peu plus loin, Laurent parle des partages. Et là encore, difficile e savoir ce qu’il se passe dans la tête des gens. Étaient-ils déjà en accord avec ce qui est dit dans le billet où le billet les a-t-il poussé à une réflexion au point d’envisager les choses sous un autre angle ?

Partagent-ils simplement parce que le blog qui publie est connu, et qu’il est dans l’ère du temps de partager ses articles, qu’elle qu’en soit la qualité ? Difficile de savoir.

Et l’influence bordel ?!

Difficile d’y voir clair dans tout ça. Surtout sur la toile, où les « tops des X influenceurs en tongs et short avec chapeau de paille sur la plage » fleurissent à tout bout de champ. Copinage et lustrage de pine comme dirait si bien ma pote Camille Gillet.

Pour parler plus gentiment, les « top influenceurs de tel secteur » servent avant tout des enjeux politiques. Parce que, si l’on prend le temps de regarder certains comptes, l’influence est certainement liée à la position professionnelle de la personne plus qu’à la qualité de son fil twitter. Forcément, un poste haut placé dans une grosse boite, de suite, c’est plus facile pour apparaitre dans les tops.

Laurent et moi, et Camille aussi d’ailleurs, sommes d’accord sur une chose : sans communauté, point d’influence. C’est la communauté qui détient le pouvoir. Malheureusement, la plupart des gens qui composent la communauté l’ignorent. Et puis, là-dessus vient se greffer la psychologie de groupe (faire partie d’un groupe, c’est important pour l’Humain).

Donc, nous avons une « double influence » : le gourou de service et le groupe. Alors, qui influence le plus dans la bataille ? On sort un mètre et les calculettes ? On mesure comment ?

Se lustrer l’influence

Dans l’influence, ce qui m’intéresse, ce n’est pas tant la dimension communautaire, mais la façon dont on peut déployer sa propre influence au travers d’un média, dans le choix des mots, dans l’art de communiquer, d’entrer en résonnance avec la personne en face. La dimension Humaine au service du business.

Actuellement, majoritairement, ce que je lis sur l’influence, c’est du lustrage. Il faut fouiller sur les blogs de psycho, ou mieux, lire des ouvrages pour trouver des choses utiles, pertinentes que l’on va pouvoir ensuite mettre en application tous les jours.

Que retenir de tout cela ?

Note : il existe, fort heureusement, de véritables influenceurs, avec une pensée propre, des opinions. Ce sont des gens avec l’on peut discuter, échanger, ne pas être d’accord. Ils nous poussent à la réflexion, à voir les choses autrement. C’est ce que moi, personnellement, en accord avec moi même, j’attends d’un influenceur. Qu’il me pousse à la réflexion, pour que je devienne “meilleur”. Mes premières influenceuses (ça dit ça ???) sont ma Femme et ma fille.