La réussite est dans le clic

Premier clic, là où tout se joue

J’ai déjà abordé le sujet du putaclic dans ce blog. Et je souhaite y revenir, parce que le « clickbait » joue un rôle également important dans l’éducation du lecteur.

La promesse du webmarketing

Je vois souvent passer des « puch line » promettant monts et merveilles (vous pouvez en trouver une petit liste dans ce billet). Ces phrases sont (souvent) utilisées pour pousser l’internaute à acheter un produit. Ce produit est souvent une formation en ligne.

En ce qui me concerne, je dois sans doute être de la « vieille école », mis qui dit formation dit « éducation », et qui dit éducation, dit responsabilité. Oui, je sais, ça fait pas bander.

Formation signifie aussi objectif. Lorsque j’avais mis une formation à disposition, j’avais envie que les clients puissent en tirer le maximum. Faut être con pas vrai ?

Quand, par le passé, j’ai vendu ma formation sur le blogging, je fut très fier de voir plusieurs de mes clients prendre leur envol et être encore aujourd’hui présents sur la toile, leur blog étant devenu le pivot de leur activité en ligne.

Admire ton CA décoller tout seul

Si j’avais du avoir 90% de taux d’échec, croyez-moi, il y a que je me serais remis en question et que j’aurais revu ma copie. J’ai du louper un truc, parce que visiblement, dans la sphère « webmarketing », la remise en question n’est pas au goût du jour.

L’important pour les « formateurs » du secteur, c’est la vente. Si les clients réussissent, tant mieux, on va fera du bruit avec cette réussite et un beau témoignage client, s’ils se plantent, c’est qu’ils ne suivent pas bien le programme. Forcément.

Il te suffit de copier / coller la stratégie

Il arrive effectivement que certaines personnes laissent tomber en cours de route. De là à produire 90% d’échec ? Il serait temps de se poser les bonnes questions.

Lorsque vous proposez à vos clients de « copier / coller » une stratégie, il ne faut pas s’attendre à des résultats fantastiques ! Si « copier / coller » une stratégie apportait systématiquement le succès, ça se saurait.

Sauf que copier/coller, c’est pour les cons !

Simon Sinek en parle d’ailleurs dans son livre « Commencer par POURQUOI », en disant qu’il est absurde de copier le « comment » d’une entreprise.

Et « copier/coller » une stratégie, c’est copier le comment. Donc, c’est vain, c’est inutile, c’est perdre son temps, son argent, et cela ne sert en rien votre quête du succès !

Le seul espace où copier le comment s’avère utile, c’est sur la technique pure. Par exemple, comment installer un blog WordPress, comment installer une extension WordPress, comment paramétrer un serveur Linux, et j’en passe.

Dans ces cas-là, copier le « COMMENT » fait sens. Dans la majorité des autres cas, et surtout dans le marketing, copier le « COMMENT » est d’une connerie sans fond.

Le webmarketing de la misère intellectuelle

Peut-on en vouloir au client qui n’y connaissant pas grand-chose fait naturellement confiance aux « vendeurs-formateurs-gourus » ? Pas complètement non.

Car n’y connaissant pas grand-chose, mais ayant le désir d’apprendre, de comprendre, il se tourne vers « qui de droit ». Là où il serait possible de lui adresser un reproche, c’est de croire que le marketing, c’est facile.

Avec un peu de jugeote, s’il faut un cursus de plusieurs années avant d’obtenir un diplôme, c’est peut-être parce qu’il y a une raison, non ?

Et oui, il est possible d’apprendre sur « le tas », oui, il est possible d’acquérir les compétences par soi-même, en se formant tout seul, en testant, en y mettant du sien.

Acheter un formation copier/coller, faut vraiment être idiot ! Non ?

En regardant ce que font les autres, en essayant de comprendre « POURQUOI » ils font cela, et non uniquement « COMMENT » ils le font.

Savoir qu’il faut créer une audience Facebook, c’est bien. Savoir « COMMENT » créer une audience Facebook, c’est bien. Savoir « POURQUOI », c’est encore mieux ! Sinon, vous ne serez pas plus intelligent qu’un signe qui mime un humain.

Acheter une formation pour « copier/coller » et pour « admirer son CA décoller », faut vraiment croire qu’en ne foutant rien on va y arriver. Parce que vous croyez vraiment que Steve Jobs (adulé par les « entrepreneurs ») a « copier/coller » et s’est ensuite contenter « d’admirer son CA décoller » ?

La promesse de la facilité, si tu veux y croire mon ami…

Quelle est la promesse ici ? Que vous n’allez pas en ramer une ! c’est une promesse de résultats. Et si vous regardez attentivement les CGV de ce type de produit, il y sera mentionné que le formateur a une « obligation de moyens, mais pas une obligation de résultat ».

…regarde quand même les mentions légales hein

Je te vends du résultat, mais légalement, parce que je sais que ce n’est pas possible de te vendre un « résultat », je m’en dégage direct dans mes CGV, au cas où tu viendrais m’emmerder si malgré ton implication tu n’obtiens pas les résultats promis.

D’un autre côté, les promesses n’engagent que ceux qui les croient. Si vous avez envie de croire que « copier/coller » est source de réussite, c’est votre droit le plus strict.

Ce jeu de dupe, ce manque d’éthique d’un côté, la volonté de ne pas en ramer de l’autre auront fini par avoir raison de moi. Je suis las d’expliquer à des gens qui ne veulent pas s’impliquer que la réussite ne s’achète pas.

Ne passons pas à côté de l’essentiel

Las de devoir passer mon temps à devoir les convaincre que leur réussite passe avant tout par eux et non par un produit miracle, dont le seul miracle est de leur faire de la place dans le portemonnaie.

J’adore le blogging. C’est un outil fabuleux, complexe, prenant et qui peut aider à grandir comme peu d’outils peuvent le faire. Le spectre qui touche au blogging est large, très large, ce qui en fait l’un des secteurs les plus riches de la toile.

Malheureusement, faut bosser. Et ça, dans ce pays, bosser, pour un grand nombre, c’est non. Chacun estimant qu’il en a assez bavé et qu’il « mérite » de « réussir ». Sauf que quand tu demandes à ces braves gens ce qu’est « réussir », bah là, c’est le blanc.

I’m a good man

Ah, si, on va vous répondre « gagner de l’argent ». Un dealer de drogue est donc une personne ayant « réussi » ? Bah non, faut un peu d’éthique quand même. Alors, un trader ? Ah oui, un trader, mais bon, c’est dur comme métier.

Ah, il faut donc un métier où l’on gagne (très) bien sa vie, sans que cela ne soit trop dur. En gros, je veux bien le pognon, mais j’ai pas que ça à foutre que de bosser.

Je vous passe le vide sidéral quand on demande à ces braves gens ce qu’ils vont faire de leur temps libre et ce qu’ils aimeraient faire comme boulot. Le néant est bien plus dense que leurs réponses.

Les valeurs humaines (oui, je sais, il parait que c’est has been, mais j’ai envie d’y croire)

Le travail, l’implication, le « POURQUOI » sont des valeurs qui sont rares. J’ai eu la chance de croiser quelques personnes avec un cerveau non pollué lors du Salon des Entrepreneurs, des gens qui à l’évocation du « POURQUOI » avaient les yeux qui brillaient. Putain, c’te bouffée d’oxygène !

Comment flairer le piège à cons

Il est beaucoup de personnes ayant lu Napoleon Hill, et, lui-même le mentionne, beaucoup n’ont pas compris la profondeur de son propos et sont arrêtés à la richesse financière. Je crois que pour ceux-là, on ne peut plus rien, si ce n’est attendre sagement que la vie leur rende la monnaie, ce qui arrive toujours, tôt ou tard.

Pour les reconnaitre, rien de plus facile, il suffit de lire le « putaclic ». Plus ça promet, plus c’est facile, plus c’est magique, plus vous avez de chance d’être face à une personne de ce type.

Je comprends la dimension « vente » d’un business. Je l’ai dit et redit maintes fois. Je ne comprends pas le manque d’éthique et d’implication d’un formateur. Non, je ne comprends pas. Pas plus que je ne comprends que l’on puisse promettre la réussite par un simple « copier / coller ».

Qui se ressemble, tu connais la suite, pas vrai ?

C’est prendre les gens pour des cons, mais visiblement, y’a une sacrée tripotée de cons sur la toile. Dans l’absolu, tout est bien qui finit bien. Les fainéants se retrouvent dans des produits dont la seule qualité réside dans la promesse. Quand la médiocrité épouse la médiocrité, tout le monde est content.

Cependant, dans tout ce marasme, que l’on ne vienne pas me parler de « valeurs », « marketing », de « storytelling ». La pauvreté d’un tel message est une insulte au marketing.

Qui gagne, perd

Depuis plusieurs années, le marketing sur la toile est tiré vers là-bas par des « gagne-petit » qui en vendant du « copier/coller » se croient malin. Quelle tristesse.

Il est encore heureux que la valeur d’un être humain ne se mesure pas à son portemonnaie. À ce titre-là, pour avoir croisé quelques-uns de ces vendeurs, leurs qualités humaines sont inversement proportionnelles à leur compte en banque.

Et un jeune loup le disait très bien dernièrement dans l’un de ses billets. Il n’en a rien à foutre d’aider les autres. Et en lisant, on se rend effectivement compte que la seule chose qui l’intéresse, c’est sa petite personne. Pourquoi pas.

Le soi, les autres, la réussite, l’égo

Effectivement, c’est à chacun d’entre nous qu’il revient de veiller sur soi-même. Il faut de l’orgueil et de l’ego pour réussir, et prendre garde à conserver un ego sain.

La réussite demande de s’attacher tout autant à son « POURQUOI » qu’à ce que nous pouvons apporter de bon aux autres. C’est aussi en cela que l’on mesure une véritable réussite.

Ce n’est pas moi qui le dis, même si je le crois et le vérifie régulièrement, ce sont des personnes réputées qui en parlent. Seth Godin, Napoléon Hill, Daniel H. Pink, Simon Sinek, Steve Jobs, Bil Gates, Henry Ford, Thomas Edison, Lincoln… et la liste de s’allonger ainsi encore longtemps au fil des décennies.

À vous de voir en quoi et en quoi vous voulez et avez envie de croire. Oui, je sais, ces questions existentielles, c’est chiant, on n’a pas que ça à foutre. Croyez-vous ?

Dites, si vous ne vous demandez pas « POURQUOI », qui le fera pour vous ? Que va-t-il se passer ?

Pardon, encore une question existentielle, que voulez-vous, c’est le coach qui sommeille en moi. Je vous laisse cliquer sur « copier / coller et admirer votre CA grimper tout seul ».

Échec et réussite, une question de premier clic

En conclusion, côté “formateur”, la formation commence dès l’accroche commerciale. Si vous promettez la facilité, ne venez pas vous plaindre que les clients n’aillent pas au bout de la formation. Contentez-vous de compter vos ventes, et priez pour que quelques uns réussissent, par hasard.

Côté client, l’échec est dans le choix du premier clic. 

Note de fin : Même avec un brin d’éthique dans la vente, tous les clients ne vont pas réussir. Cependant, ils ne vont pas non plus se voir comme plus nuls qu’ils le sont réellement. Dire aux gens qu’il suffit de “copier/coller”, quand ils vont se planter, que croyez-vous qu’il va se passer dans leur esprit ? C’est aussi ça être bienveillant.