Le pouvoir d’influence

Qui détient vraiment le pouvoir dans la relation influenceur, influencé ?

Quand on parle d’influence, on parle aussi, en creux, de l’influenceur et donc de son pouvoir d’influence.

Dans l’un des billets dont elle a le secret, Camille Gillet explique fort justement que sans communauté, point d’influenceur. C’est donc la communauté qui « attribue » ce « statut » d’influenceur à une personne ou une autre.

La mécanique de l’influence

Dans les faits, ce n’est pas tout à fait comme cela que les choses se passent. Pour devenir influenceur, il faut déjà être porteur d’une opinion, d’un message, d’une vision, de quelque chose que vous souhaitez partager avec autrui.

Je ne vais pas parler ici du bienfondé ou non du dit message, nous voyons suffisamment de « messages vides » auxquels un grand nombre de personnes s’accrochent. Il suffit de regarder la politique et son absence de sens pour s’en convaincre. Sans parler, plus proche de nous, du vide abyssal des messages du type « gagner de l’argent avec son blog », « vivez la vie de vos rêves », et j’en passe.

Inutile donc d’être prix Nobel ou docteur en philosophie pour convaincre quelques personnes de vous suivre. C’est sans doute pour cela que l’influence passionne tant actuellement, tout autant qu’elle fait peur. Nous sommes en plein dans célèbre « quart d’heure de célébrité » cher à Andy Warhol.

C’est donc vous qui allez impulser le mouvement, vous qui allez créer une « communauté ». À partir du moment où cette communauté prend forme, vous allez pouvoir exercer un certain pouvoir d’influence.

L’influence, un concept vieux comme le monde

Il n’est rien de nouveau dans ce « concept ». Depuis toujours, l’être Humain a besoin de leaders, c’est dans sa logique de fonctionnement. Une fois qu’il a placé sa confiance dans telle ou telle personne, suivre lui permet de se dégager de réflexions qui l’embarrassent.

En acceptant de suivre untel ou untel, l’Humain se simplifie donc la tâche. Ceci est à mettre en corrélation avec le principe de cohérence qui régit la majeure partie de notre existence intellectuelle.

Une fois à la « tête » de votre communauté, entre ici en jeu l’éthique et l’objectif commercial s’il en est. Êtes-vous prêts à tout pour vendre vos produits ? Avez-vous vraiment envie de penser et réfléchir pour vos suiveurs, allez-vous les manipuler honteusement, comme beaucoup le font dans le blogging, afin de vendre plus, toujours plus, sans vraiment vous soucier des résultats ?

Nous entrons ici sur les terres de la manipulation, sœur de l’influence. Nous sommes tous sous influence, nous influençons tout autant que nous sommes influencés. Il est inutile de chercher à se sortir de là.

Tout ce que nous lisons, observons, écoutons, sentons, voyons, tout joue un rôle dans les choix que nous faisons, à titre personnel et professionnel. Vouloir le nier, c’est nier l’essence même de la nature Humaine.

Votre accord pour être influencé

L’influence est un jeu qui se joue entre humains consentants. Un peu comme le sexe en somme. À la sortie, passez-moi l’expression, certains vont se faire baiser et se sentir floués, quand d’autres toucheront l’extase. Certes, l’image a de quoi choquer les âmes sensibles, mais au moins, tout le monde aura compris le propos.

Dans le marketing, certains ne sont là que pour vous sucer le portefeuille et vous utiliser pour se faire reluire en public quand d’autres vous en donneront pour votre argent. Et ce n’est qu’en testant que vous pourrez savoir ce qu’il en retourne.

Certains vont utiliser leur communauté pour se mettre en avant, d’autres pour vraiment interagir avec elle, dans le but de faire avancer un maximum de monde sur le chemin.

À ce jour, il existe malheureusement bien plus d’influenceurs qui se trouvent dans le premier cas. Moi, ma gueule, mon business. Les autres, la communauté, n’étant alors qu’une variable pour se faire valoir.

Défaire le statut d’influenceur

Pour changer cela, il faut avoir conscience du jeu qui se joue sous nos yeux. En voyant plus clair, il est alors possible de faire le ménage. Simplement en changeant d’influenceur, comme on change de boulangerie quand la qualité ou le service de l’une décline pour aller chez l’autre.

Nul besoin de révolution, d’esclandre, de combat. Il suffit simplement d’aller voir ailleurs pour faire tomber un influenceur. C’est aussi simple que cela.

Mais pour cela, encore faut-il être conscient du pouvoir qui est le nôtre dans ce jeu de séduction. Vous pouvez donner votre accord à une personne. Mais rien ne vous oblige à suivre cette personne à vie. Vous avez la liberté de vos choix, vous pouvez (devez ?) remettre vos propres choix en question à tout instant.

L’influence commence par le choix et le pouvoir des mots. Certains de ces mots vont vous enfermer dans une vision, vous coupant du monde extérieur. C’est la posture du gourou, dont il est très difficile de se défaire et c’est cette même posture qui est utilisée par une large partie des marketeurs qui sévissent dans le blogging et la niche « gagner de l’argent ».

Pour vous convaincre du pouvoir des mots, je vous invite à lire l’ouvrage de Dale Canergie, remis au gout du jour, sous le titre « Comment se faire des amis à l’heure du numérique ».

Que retenir de tout cela ?

  • Sans message, avis, opinion, vision, point d’influence.
  • C’est la communauté qui fait l’influenceur.
  • Chaque composante donne son « accord » pour entendre et « suivre » le message de l’influenceur
  • Ce sont les interactions entre l’influenceur et les membres de sa communauté qui font la qualité de la relation.
  • C’est la communauté qui peut mettre fin à la position d’influenceur d’une personne.
  • En un mot, vous avez le pouvoir.