Vous pensez que vendre, c’est chiant

Vous pensez que le marketing, c’est un peu le mal. Et comment vous en vouloir ?

Vous êtes-vous déjà dit, ou avez-vous déjà entendu quelque chose comme :

Je ne veux pas vendre, parce que je ne veux pas obliger les gens à acheter, je n’ai pas envie de ne pas être éthique;

On me dit que je peux gagner 1 euro par abonné sur ma liste, mais je m’en fou, je ne suis pas là pour créer un besoin, pour culpabiliser les gens, je ne veux pas appuyer là où ça fait mal pour les pousser à acheter mon truc, ma formation ou j’sais pas quoi d’autre;

Je ne veux pas exploiter la détresse ou la misère des autres;

Je n’ai pas envie de faire du copywriting, je n’ai pas envie d’être un(e) pro de la page de vente.

Toutes ces choses-là, c’est simple, vous n’en voulez pas. D’un autre côté, vous avez cette sensation d’être obligé d’en passer par là pour « réussir ».

Tout ce que vous detestez dans le marketing et la vente

Je comprends parfaitement ce duel en vous, et vous avez entièrement raison de ne pas vouloir tout cela. Surprenant non ?

Vous avez cent fois raison, parce qu’en vérité, rien ne vous y oblige, rien ne vous le demande. Si ce n’est les « marketeux » que vous pouvez (parfois) suivre.

Et forcément, en suivant « des réussites » et des « marketeux » qui bossent « six mois de l’année en vacances, sur la plage », vous créez un sacré bordel dans votre tête.

Les mauvaises références marketing

Vous savez que ces trucs-là, ce n’est pas pour vous. Vous savez aussi que vous avez besoin de vendre pour rester à votre compte et conserver cette liberté que vous avez conquise de haute lutte.

Comme tout le monde, vous avez donc besoin d’argent. Jusque-là, vous êtes d’une normalité absolue.

La question est donc de pouvoir gagner plus pour assurer les fins de mois, sécuriser la position d’entrepreneur, se faire plaisir un peu plus souvent. La encore, nous en sommes tous là. Même ceux qui disent « faire beaucoup d’argent ».

En marketing, vous n’êtes obligés en rien

Je vais vous le redire : rien ne vous oblige à faire du copywriting. Rien n’y personne ne vous oblige non plus à suivre ces marketeux qui vous semblent véreux.

Si ce n’est le plaisir de vous faire du mal et de vous pousser à vendre en étant en dehors de votre éthique. Ce que, je vous le rappelle, vous ne souhaitez pas.

Et à écouter le type de discours posé au début de cet article, il n’existe donc qu’une seule et unique façon de vendre bien pour gagner confortablement sa vie.

Une vision de la vente qui n’inspire personne

Et nous serions donc toutes et tous condamner soit à devenir les pires pourris, soit à vivoter avec notre “médiocre” business  (lire peu rentable) ?

Et vous croyez vraiment qu’une telle vision donne envie de vendre, de se dépasser, de foncer ? Il me semble que non. Du moins, c’est ma propre vision des choses.

J’ai longtemps pensé comme ce qui est écrit plus haut. Ce qui m’a valu de sacrés maux de tête. Je m’en voulais de ne pas être ce pourri qui se fait passer pour un mec sympa et attentionné, et qui vous vend sa formation pour devenir blogueur à 2000 balles.

Non, je ne voulais pas (et je ne le veux toujours pas) être ce faux gentil qui vous accueille à bras ouvert, vous cajole des semaines durant, puis, vous laisse vous démerder tout seul une fois que la cb est passée, et vient vous menacer si vous venez dire que sa “formation” ne tient pas ses promesses. J’sais pas, j’me l’sens moyen comme jeu.

Couper le son, couper la lumière

Puis, avec le temps, et après avoir coupé le son et la lumière sur ce (tout petit et grandement nauséeux) segment de marché, je me suis recentré sur moi, et uniquement moi, mes envies, mes attentes.

Je me suis rendu compte que j’adore « vendre », j’adore « convaincre », j’adore « transmettre », c’est dans mes gênes, mon ADN.

Ensuite, se recentrer

Il me fallait trouver comment je pourrais faire sans devenir comme « ces gens-là ». J’ai eu peur de devoir me justifier, de me défendre d’être comme « eux ». J’ai eu peur d’être confondu avec ces types.

Cet état de fait (au demeurant archi faux) m’aura longtemps bloqué dans ma progression. Je ne voyais pas le truc sous le bon angle. Mon schéma de pensées était faussé.

Ce qui n’aide pas non plus des masses, c’est le manque d’informations disponible au travers de la toile pour nous indiquer d’autres voies.

Lorsque je lis les blogs de « marketing » (veuillez noter l’importance des guillemets dans le cas présent), j’ai la triste sensation de vivre dans le monde de la « pensée unique ». En gros, tout le monde veut être différent, mais tout le monde doit faire la même chose pour se différencier.

Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai comme l’impression qu’un truc ne colle pas. Alors, j’en ai discuté avec des confrères dans le marketing.

Et la réponse fut invariablement la même :

« ouais, je comprends Stef’, mais tu sais, ça marche. Tu crois que ça m’amuse de faire ça ? Non. Mais faut reconnaître que ça marche ».

Alors, tu marches, ou tu crèves ?

En résumé, ou tu rentres dans le moule et tu fais « comme tout le monde », ou tu crèves. Marche ou crève. Non, merci, j’ai déjà donné.

Si je suis devenu entrepreneur, ce n’est certainement pas pour « faire comme tout le monde » ou pour acheter « la formule qui marche » (garantie 365 jours). Et pire encore, ce n’est certainement pas pour vendre un tel truc !

Ni l’un, ni l’autre !!! #Fuck !

Donc, tout comme vous, je me suis retrouvé un peu tout seul avec mon dilemme, un peu comme un con.

C’est la lecture du livre de Simon Sinek, «commencer par POURQUOI» qui aura été mon étincelle. Avec ce bouquin, j’ai enfin mis des mots précis sur ce que je pensais du marketing « traditionnel » et j’ai enfin compris pourquoi il ne me correspondait pas.

Ce livre aura aussi l’occasion pour moi de croire pleinement à ce que je pensais, de ne plus douter de ma façon de faire. Et ce n’est pas rien !

Retour aux sources

J’adore « vendre », mais je déteste « vendre à tout prix », j’adore « transmettre », mais je déteste « manipuler » les clients pour mon profit exclusif. J’ai eu la chance d’apprendre la vente avec des artisans.

C’était un couple, qui avait connu la Seconde Guerre mondiale à Paris. Avec leur fille unique, ils avaient ouvert un magasin de jouets sur le boulevard Brune, dans le 14e, à Paris.

Chaque mois de décembre, la boutique ne désemplissait jamais. Du matin au soir, il y avait une queue folle devant la petite boutique. Et pourtant, tout y était 20% plus cher qu’en grande surface.

Et pourtant, leur boutique tournait du feu de Dieu ! Un petit commerce de quartier, qui tient la dragée haute à la grande distribution, 40 ans durant. Pourquoi ? Parce ce que ces artisans aimaient leur métier. Profondément.

C’est en travaillant avec eux que j’ai appris la vente. La vraie, celle qui se soucie du client. Un petit exemple ? J’ai passé des heures dans l’arrière-boutique pour apprendre à faire un paquet cadeau. Ça parait con, mais croyez-moi, la façon dont ils me transmirent la chose, c’était tout autant de l’amour que du marketing.

L’amour de ce que l’on fait

Et c’est avec eux que j’ai appris qu’une bonne transaction, ce n’est pas uniquement le prix, c’est aussi la satisfaction des deux parties qui prennent part à la transaction.

Ils n’avaient pas fait, ni lui, ni elle, d’école de commerce, de ventes ou de séminaires aux USA pour apprendre la « vente ».

Mais ils avaient un truc : ils aimaient ce qu’ils faisaient. Et cet amour pour leur métier leur ouvrait grand les portes du « savoir vendre ». Et ils croyaient dur comme en fer en leur « savoir-faire ».

C’est avec eux que j’ai appris tout ce que je sais de la vente, et c’est tout ce que j’avais oublié. La quête achevée de mon « POURQUOI », le retour aux sources, voilà ce que j’avais perdu en route, voilà ce dont j’avais besoin pour rétablir mes schémas et le nourrir de mes expériences.

Reprendre par le POURQUOI

J’ai donc tout repris, posément, calmement, avec sérénité, envie et gourmandise. C’est tout mon marketing qui s’en trouve remodelé, et là, étrangement, je n’ai aucun souci à trouver les mots, les arguments.

Construire une page de vente devient un plaisir. Penser et améliorer ce que je vends est une tâche agréable. Les choses retrouvent un goût, celui d’un fruit d’été, gorgé de soleil, de jus.

J’ai cette sensation de revivre. En fait, j’ai toujours voulu faire ce que je fais. Je me suis perdu en cours de route, parce que j’ai écouté les (très) mauvaises personnes.

Le trafic, le nombre d’inscrits à une liste email, le prix de vente, les « stratégies » marketing, les techniques de vente, la manipulation, tout ça, à un moment, je n’en pouvais plus.

Ne plus s’enfermer dans le “non marketing” militant et limitant

J’avais fait de mon « non marketing » quelque chose que je pensais être une force, quelque chose que je pensais être « moi », parce que cela me semblait plus éthique, plus acceptable à mes yeux.

Et en réaction à la manipulation, je m’étais enfermé dans un schéma qui s’est avéré tout aussi stérile avec le temps. Dans les deux cas, je perdais.

Refuser une posture qui va contre mon éthique est une chose. M’enfermer dans une autre posture en réaction n’est pas mieux.

C’est donc la lecture du livre de Simon Sinek qui aura été le déclencheur. S’en suivirent de nombreuses, très nombreuses autres lectures, et la mise en place d’une autre façon de penser le marketing.

Retrouver la Liberté du cadre

Aujourd’hui, je n’ai pas besoin de pousser à l’achat. Je n’ai pas besoin de « créer le besoin. Je n’ai pas besoin de créer une liste pour vendre à tout prix. Oui, j’ai une liste email, oui, c’est utile. Et j’apprécie l’outil, car je l’utilise comme j’ai décidé de le faire.

J’ai créé mon propre cadre d’actions, pour me sécuriser, pour délimiter mon terrain de jeu.

Je vous rappelle qu’un terrain de sport, une photo, une peinture, tout ceci possèdent une limite, appelé terrain ou cadre. Et cela n’empêche en rien la créativité et la souplesse.

Votre corps possède son propre cadre d’action, ses propres limites, et cela ne vous empêche pas pour autant de vivre, de penser, de ressentir, de rire, de pleurer, d’aimer.

Vous pouvez appréhender le cadre comme une limite rigide, inflexible, pesante. Vous pouvez aussi le voir comme une frontière qui vous protège, un territoire à l’intérieur duquel vous avez le droit d’y faire ce que bon vous semble, parce que vous y êtes chez vous, en sécurité.

Retrouver le plaisir

Aujourd’hui, si je connais les techniques de manipulation, je n’ai pas besoin d’y avoir recours, et je refuse de le faire. La manipulation coûte cher en publicité, en frais de justice pour faire taire les clients mécontents, les clients floués. J’ai mieux à faire.

Aujourd’hui, je suis simplement ce que j’ai envie d’être. Parce que je sais pourquoi je suis ici, et parce que je sais, avec conviction, ce que j’ai à transmettre.

Aujourd’hui, je m’éclate à nouveau à communiquer, à faire du marketing, parce que justement, je ne fais plus ce marketing manipulatoire. J’ai juste la sensation d’être moi. Pleinement moi. Juste moi. Et ça, c’est une sacrée liberté.

Retrouver l’envie d’y croire, pour de vrai

J’ai créé ma liberté, parce que j’avais envie d’y croire. Parce que je ne voulais pas quitter un moule pour rentrer dans celui d’un marketeux, sous prétexte que « ça marche ».

Être soi, gagner de l’argent, rester éthique, tout cela n’est pas incompatible. Cela demande un vrai boulot sur soi. Cela demande de nourrir des réflexions, de se poser des questions, de celles qui vous font avancer. C’est du temps.

J’ai lu, dans divers livres, de divers auteurs et sous diverses formes, la chose suivante : toute réussite à un prix. Êtes-vous prêts à le payer ? Si c’est pour obtenir ce que vous désirez vraiment le plus, cela n’en vaut-il pas l’investissement ?

Je crois qu’au fond, je n’étais pas prêt à payer. C’est pourquoi j’avais choisi une posture étouffante de résistance à un système sclérosant. Je m’étais sans doute dit « tant qu’à étouffer, plutôt que de manquer d’air à cause des « autres », je préfère me priver d’air moi-même ».

Finalement, j’ai trouvé une issue positive à tout cela. Et bordel, que c’est bon tout ça ! Je vous souhaite de sortir de là à votre tour.