Vendeur de rêve, la définition

Pourquoi cette appellation peu glorieuse ? Pure Jalousie ?

Qu’est-ce qu’un vendeur de rêve (ou vendeur de pelles), d’où provient cette appellation au demeurant méprisante et peu glorieuse. Est-ce de la simple jalousie face à la réussite dite fulgurante de certains vendeurs, ou blogueurs pro, est-ce autre chose ? Plongée des les égouts du blogging.

 

La Ruée vers l’OR

Il faut revenir à l’époque de la Ruée vers L’Or, dans ce qui allait par la suite devenir la Californie, pour trouver les origines de la chose.

Vous ne le savez peut-être pas, mais si certains ont fait fortune dans la prospection minière, ceux qui tirèrent les plus gros bénéfices de cette ruée furent les vendeurs de matériel : pelles, batées, pioches et autres tentes. Matériel indispensable à tout prospecteur.

Le plus célèbre d’entre eux est certainement Samuel Brannan qui fit main basse tant sur les terrains que sur le matériel utile aux chercheurs d’or. C’est ainsi qu’il bâtit une fortune immense. Malheureusement pour lui, son penchant pour l’alcool et de mauvais choix lui coutèrent sa fortune, et lui il mourut après avoir été totalement ruiné.

Vous l’avez donc compris, si vous souhaitez faire fortune de façon durable, il vaut mieux vendre des pelles plutôt que de creuser pour chercher le précieux minerai.

Et c’est bien de cela dont il est question dans le blogging dit professionnel. Nous pourrions étendre le sujet à la voyance, l’amour et d’autres secteurs qui touchent le grand public. Cependant, n’étant ni acteur ni spécialiste de ces domaines, je m’en tiendrais à ce que je connais, le blogging et donc, le référencement, le marketing.

La ruée vers l’or numérique

Certains ont vu le blogging et son explosion comme une ruée vers l’or numérique, aussi, ils inventèrent le matériel nécessaire aux nouveaux prospecteurs, à savoir, les blogueurs débutants.

Alors, un vendeur de rêve, finalement, ce n’est pas une mauvaise personne en fait ? Oui et non. Comme le dit Laurent Bourrelly, tout est question d’éthique. Et cette dernière étant une valeur des plus subjective, établir une échelle précise, une valeur repère en dessous de la quelle il serait possible de vous qualifier de vendeur de rêve est de facto impossible.

L’appellation vient d’abord du rêve que l’on vous vend : liberté, plus de patron, 4h00 de travail par semaine, ou par mois, des revenus importants, rapidement, le tout à la sauce manipulatoire. Ces leviers parfaitement exploités sont expliqué dans le livre de Robert CIaldini, la bible des inforpreneurs (comme ils aiment à s’appeler eux mêmes). 

Ce fût d’abord par le biais d’un blog : créer un blog, devenez riche avec ma méthode. Puis, nous avons vu arriver devenir riche avec une chaine YouTube, puis devenez riche avec la publicité Facebook, devenez riche avec Amazon, et désormais, devenez riche sans blog, sans YouTube, sans Facebook, sans Amazon.

Le trafic de drogue

Il y eut une bataille assez sanglante entre 2011 et 2013, bataille à laquelle j’ai participé, et à laquelle j’aurais bien fait de ne pas prendre part. Pourquoi ? En premier lieu, parce que la promesse d’argent agit comme une drogue sur le cerveau de la plupart des gens. Ensuite, même si nous aurions pu faire « tomber » l’une des têtes de pont de ce secteur, il se trouve que rapidement un autre aurait pris sa place.

C’est exactement ce qu’il se passe dans la rue avec le trafic de drogue. Vous faites tomber un gros dealer, il ne faut pas 15 jours pour qu’il soit déjà remplacé parce que faire tomber le dealer ne fait pas disparaitre la demande.

Si la volonté de faire disparaitre des produits de mauvaise qualité peut sembler « noble » de prime abord, elle est vouée à l’échec. D’abord, parce que le réseau des dealers en face est parfaitement rodé et très puissant. Il vend du rêve à des personnes qui ont envie et surtout besoin de cela. Ensuite, parce que ce n’est pas seul que l’on peut s’opposer à un tel réseau. Enfin, parce qu’il faut bien un produit de substitution !

À mon sens, en tant que professionnels du web, nous avons commis plusieurs erreurs. La première fut de voir arriver la chose et de se dire, ils vont se planter. Ils vendent de la merde, les gens vont s’en rendre compte, ça va se savoir, et ces vendeurs vont se casser la gueule.

D’une ces vendeurs ne sont pas cassés la gueule. Bien au contraire. En réalisant des chiffres d’affaires importants, ils ont pu faire taire leur client mécontent et autres détracteurs à coups de menaces, de courriers d’avocats, voire de procès (je suis bien placé pour témoigner).

De fait, sur internet, si vous cherchez des informations sur l’un ou l’autre de ces vendeurs, c’est la perfection même ! Tout est beau, tous les clients sont contents, tout le monde gagne de l’argent, voyage, vit la vie de ses rêves. C’est le monde Disney qui prend corps dans la réalité.

Pas une seule critique, alors que les plus grands palaces du monde, des marques comme Dior, Boss, Ferrari, Rolls, ou Chanel doivent essuyer des critiques, ces vendeurs, eux, ne reçoivent que des éloges. Ça ne vous choque pas ?

Ensuite, c’est une attitude globalement hautaine de la part des professionnels. Les gens qui achètent ça n’ont rien compris, ils vont se planter avec ces produits-là. Nous, nous le savons. Eux non, ils n’y connaissent rien.

B2C Vs B2B

En fait, au-delà de ça, il y a un postulat « business » un peu plus subtil. Il faut comprendre qu’un véritable professionnel passe du temps à se former, s’informer, à tester, il le fait constamment, pour rester au top sur son marché et délivrer la meilleure qualité de service possible. C’est un travail de longue haleine qui peut mettre plusieurs années avant de porter ses fruits. La plupart des pros que nous sommes, nous vendons nos services à des entreprises. Nous avons donc des responsabilités, des devoirs vis à vis de nos clients.

Note
Tout les pros ne sont pas anges et des personnes consciencieuses. Ce n’est pas la lutte du bien contre le mal non plus, et certains “professionnels” seraient bien inspirés de revoir leur compétences et leur service clients à la hausse.

Là, face à ces professionnels, sont arrivés des ignorants, des personnes sans aucune expérience, et qui ont fait leur beurre en expliquant que les marketeurs étaient des nuls, les référenceurs des escrocs, et la plupart des blogueurs des ânes. Pour asseoir leur “autorité” face au grand public, ils ont tirés à boulet rouges sur les pros du secteur.

Ceci a fortement agacé nombre de professionnels, qui plus est qu’une fois que l’on a mis le nez dans ces formations vendues à prix d’or et que l’on comprend l’étendu des dégâts. Au mieux, il vous manquera la moitié des informations, au pire, vous ne ferez jamais rien du produit. De plus, chaque formation vendue recopie sa sœur. La consanguinité est sans limite. Je connais au moins trois produits qui sont de parfaites copies les unes des autres.

Avec quelques années de recul désormais, je vois plusieurs éléments dans tout cela.

D’un côté, nous avons des vendeurs agressifs, pas très malins, qui ont copié-collé une méthode américaine sur le marché français. Ça marche ? Super, tant mieux pour eux. Mais il eut été plus intelligent de faire profil bas, ou alors, si on tape sur les pros d’un secteur, accepter le débat contradictoire. Ce qui ne fut jamais le cas. Et ce ne sera jamais le cas, tant leur manque de compétences est notoire. Ce n’est pas faute d’avoir lancé des invitations pour des débats publics. Invitations qui au mieux restèrent sans réponse, au pire, reçurent des bordées d’insultes.

De l’autre, nous avons des professionnels qui se sont sentis, assez légitimement agressés par ces vendeurs, qui de plus, dans certains cas, ont dû justifié leur tarif et leur boulot du fait de ces agressions répétitives publiées dans les blogs des vendeurs de rêves. La réponse fut donc une vague d’agressions en retour.

Et ça continue, encore et encore…

Aujourd’hui, l’un de ces vendeurs s’en prend à un référenceur de renom. Mais, jugez l’affaire par vous-même. Le vendeur à fait des pieds et des mains pour être invité dans l’un des podcasts du référenceur, car celui-ci jouit d’une très large visibilité et d’une réputation solide.

L’objectif du vendeur ? Comme à chaque fois, bénéficier de l’aura d’une personne établie afin de se valoriser. C’est l’un des leviers d’influence parfaitement expliqué par le Robert Cialdini dans son livre « Influence et manipulation ».

Malheureusement pour le vendeur, tout ne s’est pas passé comme prévu. Et alors qu’il voulait attaquer un marché professionnel, il s’est trouvé face un public qui a déjà une sensibilité certaine sur la toile et une certaine méfiance vis-à-vis des produits censés être miraculeux.

L’affaire a tourné au vinaigre. Notre vendeur a donc tout fait pour faire disparaître la vidéo de la toile, ce qu’il a réussi à faire, arguant que la vidéo portait atteinte à son honneur. (Correction : la vidéo de l’interview est toujours en ligne)

Aujourd’hui, il vise donc le billet qui accompagnait la vidéo, via un courrier de mise en demeure envoyé par son avocat. Je vous laisse le soin de vous faire votre propre avis sur la démarche.

Une personne qui gagne beaucoup d’argent n’est pas de facto un vendeur de rêve. Il existe bien des gens riches sur cette planète, et qui le sont devenus avec le souci de la qualité et une certaine éthique. Il serait préférable de classifier en fonction de l’éthique, cependant, pour des raisons évoquées plus haut, la tâche est quasi impossible. Enfin, nombre de ces vendeurs utilisent parfaitement les techniques de bases de la manipulation et sont de fait perçues comme des gens biens, des types sympas. Allez y voir clair vous là dedans.

Dans l’univers du blogging, le vendeur de rêve est une personne dont l’éthique n’existe pas et qui est prête à tout pour se faire connaitre (taper sur les autres pour attirer la lumière sur lui, et ensuite se plaindre du mal que l’on dit de lui, lancer des procédures judiciaires pour faire taire ses détracteurs), qui se soucis bien peu de ses clients et fera tout pour réduire les mécontents au silence.

Acheter des followers sur Twitter, des fans et des likes sur Facebook, payer un tiers pour assurer votre référencement, payer un avocat et une société de nettoyage de réputation ne fera de qui que soit une personne compétente.

Malheureusement, pour le client final, difficile d’y vor clair. Et c’est bien le nœud du problème. Si les professionnels du secteur avaient eu la bonne idée de mettre sur le marché un produit pour faire jouer la concurrence, les choses se seraient peut-être passées autrement. Difficile de la savoir.

Alors, pour celles et ceux d’entre vous qui voudraient se payer une formation dans le blogging, comment démêler le bon du moins bon ? Méfiez-vous. Tout ce qui brille n’est pas de valeur.