Vendeur, l’autre métier du blogueur

Vendeur, voilà qui ne vous fait pas un brin rêver, et pourtant

Par le passé, j’ai abordé dans ces colonnes l’idée de la vente. Nous avons tous une image peu reluisante du vendeur, et bien peu d’entre nous ont envie de se voir comme des vendeurs.

Entre manipulations à outrance, tromperies et autres artifices utiles pour nous faire chauffer la cb, le « vendeur » à tout bien fait pour ternir son image.

Encore aujourd’hui, sur la toile, les gurus du webmarketing utilisent ces mêmes artifices afin de vous vendre une formation pour devenir un « blogueur professionnel » et un rentier des temps modernes. Qui voudrait ressembler à cela ? Bien peu de monde.

Nous sommes tous des vendeurs, des vendeuses

Et pourtant, nous sommes toutes et tous des vendeurs en puissance ! Voilà. Je viens de vous provoquer un « haut-le-cœur », une belle nausée, une poussée de colère, je vois d’ailleurs le petit nuage noir et sa cohorte d’éclairs au-dessus de votre tête.

Reprenons, si vous le voulez bien, un peu de distance avec la terminologie « vendeur ». Le vendeur, ce n’est pas uniquement ce marchand de tapis, ou encore ce vendeur de voitures, ou encore cette personne qui vous saute dessus dès que vous mettez un foutu pied dans ce foutu magasin, agaçant ça n’est-ce pas…

« Je peux vous aider  ? (sourire niais) »

« Non. Je regarde (sourire -très- distant) »

(note : j’ai de la compassion pour ces « vendeurs/vendeuses », j’ai fait ce boulot, c’est brutal).

Blogueur et porte-à-porte

Le vendeur, ce n’est pas non plus ce colporteur qui venait, par le passé, frapper à la porte pour vous vendre une encyclopédie ou du vin, ou d’autres produits dont vous pourriez bien vous passer, mais que vos parents ont achetés.

Pourtant, nous avons, vous et moi, des points communs avec ces vendeurs. Aussi modernes soient nos outils, aussi différents soient nos métiers, nous partageons bien des choses.

La première qui me vient à l’esprit, c’est le porte-à-porte. Pourtant, vous n’avez jamais démarché chez les gens, vous n’avez sans doute jamais sonné à une quelconque porte pour vendre vos produits ou vos services.

Vous n’avez jamais arpenté les rues de votre ville avec votre petit tailleur ou votre costar, votre mallette bourrée d’échantillons et votre classeur de commandes sous l’bras.

A quoi sert (vraiment) un blog ?

Alors, est-ce que je suis devenu timbré ? Non. Et permettez-moi d’éclairer mon propos. Si nous ne faisons pas du porte-à-porte de façon physique, vous êtes bien là en train de lire mes mots. Peut-être êtes-vous chez vous, ou dans les transports, ou à la plage (si vous avez suivi la formation pour devenir riche).

Aujourd’hui, avec mon blog, avec le vôtre, nous ne faisons plus du porte-à-porte, nous sommes carrément dans la vie des gens. Partout ! Dans les transports, dans le canapé, dans la rue, parfois même jusque dans leur lit !

Et pourquoi avons nous un blog ? Je lisais sur le blog Semrush, hier, un article rédigé par un invité qui « expliquait » que le blog ne servait qu’à une seule chose : capter de l’email. Bien, lui, il n’a pas tout compris au commerce moderne. C’est encore un vendeur de tapis 2.0.

Un blog, c’est plus que cela. La captation d’email est une conséquence. Une conséquence de quoi ? De ce que nous faisons en bons colporteurs que nous sommes.

Nous essayons de convaincre

« Ah mais jamais de la vie !! » allez-vous me dire, et hop, revoilà la nausée, les vomissements, les nuages, et tout le toutim.

Et pourtant, c’est bien la réalité. La belle réalité devrait-je même dire. Quand on ouvre un blog, c’est pour dire quelque chose, pour partager quelque chose, avec en toile de fond, l’envie de faire bouger les gens, de les faire adhérer à une vision.

Enfin, ici, je parle du blog professionnel, pas du blog personnel. Encore que, certains blogs perso’ font aussi bien bouger les choses, voire bien mieux que certains pros.

Partager des valeurs, une vision, un point de vue, c’est espérer que les gens y adhèrent. Sinon, autant ne pas prendre la parole.

Blogueur, le porte-à-porte moderne

Nous sommes donc des colporteurs des temps modernes. Nous n’avons pas forcément un produit physique à vendre là, tout de suite. Nous « vendons » autre « chose ».

Et alors que nous déployons des trésors pour véhiculer nos idées, nous oublions la dimension « vente », alors que nous sommes bien en train de vendre quelque chose.

  • Lorsque j’écris, j’ai quelque chose à vous “vendre”.
  • Mon objectif est de vous convaincre du bien-fondé de mes propos.
  • Pour cela, j’utilise, des métaphores, des exemples, parfois des citations, je structure mon propos.
  • C’est exactement ce que fait un argumentaire.

La “non-vente”, le “non-marketing”

Quand viennent les élections, on parle souvent d’un « discours marketing » pour parler des discours politiques. Pourtant, vous n’achetez rien. Il n’est pas question de « vente » à proprement parler.

Quand vous souhaitez séduire une personne du sexe opposé, vous allez tout faire pour vous vendre du mieux possible. Et même si vous pensez que vous ne faites rien parce que vous n’êtes pas bon en séduction, vous adoptez une stratégie de vente.

Le « non-marketing » est une stratégie comme une autre, comme le « no look » est une tendance à part entière dans l’univers de la mode.

Une vie à se “vendre”

Avec internet, nous passons nos vies à nous vendre. Nous avons des profils, nous postons des statuts, nous espérons plus de commentaires, plus d’abonnées, plus de like, plus de partage. Nous essayons de soigner notre propos, notre image.

Certains vont miser sur le nombre, d’autres sur la qualité, et dans les deux cas, ce ne sont ni plus ni moins que des stratégies de ventes.

Nous faisons tout cela de façon inconsciente. Car lorsque nous venons à y penser consciemment, revient à nos esprits notre croyance sur la vente et la vision que nous avons façonnées du monde de la vente.

Dès que cette image nous revient en tête, c’est le bordel ! Parce que nous refusons profondément d’être associés à cet univers puant. Et encore une fois, je ne suis pas différent de vous.

Qu’est-ce que la vente

Je n’ai pas un brin envie de voir mon nom associé à un grand nombre de mes concurrents. Malgré tout, je dois bien assurer la pérennité de ma petite entreprise à moi, sans quoi, il en sera vite fini de mon aventure.

Qu’est-ce que la vente ?

  • C’est un échange de ressources.
  • Une personne échange quelque chose avec vous.
  • Que cela soit du temps, un effort, de l’argent, un bien.
  • Une personne va tenter d’en convaincre une autre.

Exemple

C’est un médecin qui va tenter de convaincre un patient d’arrêter la cigarette. Il ne veut pas le priver de la cigarette, mais lui proposer une vie meilleure sans celle-ci.

C’est un professeur qui va échanger le temps d’attention de ses élèves contre de la connaissance, du savoir et donc, l’opportunité de se construire un avenir meilleur.

La vente, c’est de l’influence

Convaincre, c’est aussi l’influence. C’est ce que nous faisons chaque jour. Nous essayons de vendre un comportement x ou y à nos enfants pour une vie de famille harmonieuse.

Nous essayons de vendre tels ou tels restaurant, film ou câlin à notre partenaire pour un instant de bonheur dans le couple.

Certaines ventes sont plus faciles que d’autres. Notre principal problème vient de l’image que nous avons de la vente.

C’est l’image que nous avons de la vente qui est négative, pas la vente

Il nous faut changer cette image négative qui nous met des bâtons dans les roues et nous empêche d’être parfaitement à l’aise dans nos rôles d’entrepreneurs.

Et comme je vous le disais, pour celles et ceux ayant lu le billet sur le sujet, rien ne nous oblige à être comme ces vendeurs miséreux, ces mendiants numériques, ces vendeurs de tapis 2.0.

L’élégance de la vente

Il existe des façons bien plus élégantes de vendre ce que nous avons à proposer à la société. Le blog est une façon élégante de présenter son savoir, sa compétence, ses croyances. Le blog est une façon élégante de démontrer que nous pouvons être utiles à nos lecteurs.

Le mailing est une approche qui, bien utilisée, peut s’avérer être une approche élégante et respectueuse tout autant de nos lecteurs et de leurs valeurs que de nos propres valeurs.

La vente peut revêtir un caractère parfaitement élégant, sincère et respectueux de toutes les parties prenantes.

Je suis un vendeur, je suis fier de l’être, et mieux encore, je suis très fier d’avoir des lecteurs, des clients et de construire ma réussite en votre compagnie. Et je suis bien certain que vous comprenez et partagez ce sentiment.

Peut-être avez-vous adhéré au propos de billet. Alors, j’aurais réussi à vous « vendre » mon idée. Convaincre, influencer, vendre. C’est ce que nous faisons chaque jour, et il n’est rien de mal à faire cela, tant que nous le faisons en conscience, avec l’envie d’être respectueux de nos lecteurs, de nos prospects, de nos clients.

Désormais, serez-vous un peu plus fiers d’être vendeur ?